Enrique CADICAMO ... L'Auteur des 1000 Tangos !
Enrique Cadícamo (Yino Luzzi (ou Gino Luzzi) et Rosendo Luna alias utilisés par Cadícamo pour certains écrits) est né le 15 juillet 1900 en Argentine. Il était aussi scénariste et réalisateur . Il est connu pour La virgencita de Pompeya (1935), Noites Cariocas (1936) et Gardel. Il est mort le 3 décembre 1999 en Argentine.
Enrique Cadicamo.
Enrique Cadícamo est né dans une famille d'immigrants italiens et était le dixième enfant du couple.
Plus de 250 paroles de tangos, 23 gravés par Gardel, sans retouche, ce qui constitue un record. Prince de la nuit, véritable bohême noctambuliste enchanteur ! Il est d'abord le poète de la simplicité. Lui-même disait ne jamais avoir eu à forcer le trait des archétypes tangueros qui peuplent ses tangos.L'amitié entre Cadícamo et Gardel est née dans le hall d'un théâtre : « La seule chose dont je me souviens, c'est que je l'ai regardé comme s'il était un être d'une autre planète. Il m'a tapoté dans le dos et à partir de ce jour-là, nous sommes devenus amis », se souvient Cadícamo.
Un des noms les plus importants de l'histoire du tango, qui a traversé le XXe siècle.
Un artiste complet, il a réalisé des films, imaginé des scénarios de films, écrit des livres, incarné des personnages de l'époque, en particulier Cobián qui était son grand ami et qui a voyagé, dans toutes ces étapes et à travers ses tangos, des réflexions sur ce qu'était Buenos Aires dans laquelle il vivait.
Lui, qui fourmillait pourtant d'idées, s'accrochait à ce que
"fût le tango, un souvenir !".
"Pa'que bailan los muchachos", "Madame
Ivonne", "Che papusa oi", "Notas de bandoneon",
"El canto de Buenos Aires", "La casita de mis viejos" ou
encore "Invierno", la liste est longue de ces tangos sur lesquels
nous dansons...
Ta voix a libéré l'hiver
qui était prisonnier dans tes pensées.
Dehors, juin pleuvait
sa pluie d'angoisse sur ma poitrine.
Un soleil fragile et tremblant,
mon cœur pleurait,
Je ne pouvais rien te dire.
Des mots vides roulés,
comme les feuilles mortes dans le paysage.
L'hiver écrit des mots glacés,
avec des branches sèches, avec des feuilles mortes,
avec son crayon silencieux de rosée glacée,
avec le corps faible d'un chien engourdi.
Avec le souffle triste de mon souffle chaud
l'hiver écrit des mots glacés.
Des mots flétris, et ils disent...
…ils disent que tu es parti et que tu n’es jamais revenu.
Pour "Garua" par exemple : Troilo (Pichuco !)
jouait sur Corrientes au Tibidado quand, un soir, il demande à Cadicamo de le
rejoindre dans le salon qui lui servait de vestiaire. Il commande 2 verres, se
change et prend son bandonéon pour lui jouer un thème qui n'avait pas encore de
nom. Ca plu à Cadicamo et, deux jours après, il présente le "monstre"
(premier jet !) à Troilo qui lui dit : "Ne touche à rien, garde le comme
ça !".
"Tres
Esquinas" : fait référence à l'intersection des rues Vieytes et Osvaldo
Cruz et au café du même nom, dans le quartier de Barracas, à Buenos Aires.
(Paroles : Enrique Cadícamo Musique : Ángel D'Agostino et Alfredo Attadia).
« Los Mareados » : une étude révèle l'influence du poète et dramaturge français Paul Géraldy dans les vers. En 1943, dans le cadre d'une campagne initiée par le gouvernement militaire, le langage lunfardo et toute référence à l'ivresse ou à des expressions considérées comme immorales ou négatives pour la langue ou le pays furent supprimés. Le tango s'appelait alors Dans mon passé et Cadícamo modifia le texte pour permettre sa diffusion. En 1949, sous le gouvernement du général Juan Domingo Perón, Los Mareasados récupèrent son nom et ses paroles d'origine. (Paroles : Enrique Cadícamo Musique : Juan Carlos Cobián).
Un des autres intérêts du texte est d'étendre le sujet à l'Espagne, à la Pologne, etc. au gré de ses voyages de Cadicamo ; enfin de montrer les efforts de l'auteur pour récupérer l'argent des droits d'auteur de ses titres...
Il réalise aussi "El Cuarteador" dont il compose la musique et écrit les paroles. Ce tango sera immortalisé par Angel Vargas et Angel D'Agostino !!! Extrait ci-dessous du court-métrage ``Tangos de ayer y de hoy´´ (1942).
Cadícamo
et le tango « moderne »
Dans
le supplément Testigos del siglo: el tango nacional y popular et
dans plusieurs interviews données par l'artiste et compilées par Antonio
Rodríguez Villar, Enrique Cadícamo a exprimé sa vision par rapport aux
changements produits dans le genre au fil des ans.
«
Ce que l’on entend aujourd’hui comme tango n’a rien à voir avec les mélodies et
l’esprit qu’il avait il y a quatre ou cinq décennies. Le tango est un sentiment
qui n’a rien à voir avec les fantaisies d’un arrangeur qui fait ou défait une
composition selon son goût ou les demandes des directeurs d’une maison de
disques. Cela me rend très triste d’entendre des chansons que j’ai composées il
y a quelque temps et qui transmettaient le climat de cette époque, transformées
en une œuvre d’avant-garde, avec un sens musical très différent. Si vous voulez
du vrai tango, vous devez le laisser tel qu’il est, il a été conçu à cette
époque. »
«
Je ne veux pas dire que je ne suis pas d'accord avec les nouveaux âges de la
musique, mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui elle a perdu sa personnalité et
s'est déformée. De plus, nos sources d'inspiration ne sont plus là : où sont
passés le quartier, la vie nocturne, la rue Corrientes ? Si ce paysage de
Buenos Aires est si loin aujourd'hui, nous ne pouvons pas espérer que, malgré
les bons et jeunes talents, surgissent ces chansons inoubliables qui sont nées
de l'âme. »
«
Aujourd’hui, il y a peut-être des compositeurs et des auteurs de musique, mais
pas de tangos. Le tango serait alors autre chose, une autre manifestation
actuelle. Ce serait une chanson de Buenos Aires, ou un autre titre qu’on lui
donnerait. »
«
Quand se termine l'ère de ce tango ? Avec les tangos connus, traditionnels et
d'anthologie. C'est la fin de cette époque. Je peux faire un tango en 20 ou 15
minutes. Si c'est une demi-heure, ça ne vaut pas la peine. Je le fais toujours
avec la saveur et le style que j'ai appris à connaître à Buenos Aires en 20, 25
ou 30 minutes. »
Étrange!
Rara!
comme s'il était allumé,
como encendida,
Je l'ai vue boire : jolie et fatale ;
la vi bebiendo: linda y fatal;
tu as bu et dans le rugissement du champagne
bebías y en el fragor del champan
ce que tu as ri pour ne pas pleurer.
lo que reías x no llorar.
J'étais triste de te trouver,
pena me dio encontrarte,
parce que quand je t'ai regardé je t'ai vu briller
pues al mirarte yo vi brillar
vos yeux avec une brûlure électrique ;
tus ojos con un eléctrico ardor;
tes beaux yeux que j'adorais tant.
tus bellos ojos que tanto adoré.
Ce soir : mon ami
!
Esta noche: amiga mía!
l'alcool nous a enivrés,
el alcohol nos ha embriagado,
Qu'est-ce que ça m'importe s'ils rient ?
que me importa que se rían,
que les étourdis nous appellent ;
que nos llamen los mareados;
tout le monde a ses chagrins
cada cual tiene sus penas
et nous les avons,
y nosotros las tenemos,
Ce soir, nous boirons car nous ne nous reverrons plus.
esta noche beberemos porque ya no volveremos a vernos mas.
Aujourd'hui tu vas
entrer dans mon passé
Hoy vas a entrar en mi pasado
dans le passé de ma vie,
en el pasado de mi vida,
L'âme blessée porte trois choses :
tres cosas lleva el alma herida:
l'amour, le regret, la douleur.
amor, pesar, dolor.
Aujourd'hui tu vas
entrer dans mon passé
Hoy vas a entrar en mi pasado
et aujourd'hui nous emprunterons de nouveaux chemins,
y hoy nuevas sendas tomaremos,
combien notre amour a été grand
que grande ha sido nuestro amor
Et pourtant, oh, regarde ce qui reste.
y sin embargo ay!, mira lo que quedo.
Tout le monde a
ses chagrins
Cada cual tiene sus penas
et nous les avons
y nosotros las tenemos
Ce soir, nous boirons car nous ne nous reverrons plus.
esta noche beberemos porque ya no volveremos a vernos mas.
Aujourd'hui, tu
vas entrer dans mon passé.
Hoy vas a entrar en mi pasado.
dans le passé de ma vie ;
en el pasado de mi vida;
Mon âme blessée porte trois choses :
tres cosas lleva mi alma herida:
l'amour, le regret, la douleur.
amor, pesar, dolor.
Aujourd'hui tu vas
entrer dans mon passé,
Hoy vas a entrar en mi pasado,
Aujourd'hui, nous emprunterons de nouveaux chemins,
hoy nuevas sendas tomaremos,
combien notre amour a été grand
que grande ha sido nuestro amor
Et pourtant, oh, regarde ce qui reste.
y sin embargo ay!, mira lo que quedo.
sources : https://cadicamo.es.tl/ et La Salida n° 46. (entre autres...)
Secrétariat de la Culture du Ministère du "Capital de l'Humanité" ! Juillet 2021



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