ENRIQUE RODRIGUEZ ! Le marginal !
Enrique Rodríguez est né en Argentine en 1901.
Il s’intéresse au tango et joue du bandonéon dans les
cinémas qui projettent des films muets comme le faisaient la plupart des
musiciens de l’époque.
En 1934, il fait partie du trio qui accompagne
Francisco Fiorentino lors de ses récitals à Radio Belgrano. Le fait que
l’orchestre soit qualifié d’accompagnateur du chanteur en dit long sur
l’importance que pouvait avoir la voix en ce temps-là.
En 1936, il fonde son premier grand orchestre auquel
il donne le nom de Orquesta de todos los ritmos avec lequel il
joue un vaste répertoire qui inclut le tango argentin mais aussi les valses,
les foxtrots, les polkas, les rancheras, les pasos doble.
Rodríguez jouait aussi du piano et du violon en plus du bandonéon. Il connaît un grand succès auprès des danseurs. Vuelve el Tren (foxtrot), Bombolo (pasodoble), Fru Fru (valse).
Valse
Il fait partie des musiciens qui ont voyagé, principalement en Amérique latine (Colombie, Pérou en 1965). Le style d’Enrique Rodríguez se caractérise par l’élégance discrète, la régularité de la ligne musicale et l’aspect posé de sa musique considérée uniquement comme un médium pour la danse. En ce sens, il est à l’opposé d’un compositeur et musicien comme Astor Piazzolla qui s’attachait exclusivement à la composante musicale du tango.
"Faire danser" a conduit Rodríguez a privilégié des
mélodies simples et séduisantes que l’on retient facilement et à choisir un
rythme marqué de façon régulière, sans ostentation, avec un tempo modéré.
Cette absence d’emphase, de recherche musicale et de
démonstration clinquante est une explication de la fracture qui existait entre
les danseurs et les autres musiciens. Les premiers l’adoraient, les seconds
l’appréciaient modérément car ils considéraient que sa musique manquait de
personnalité et qu’elle était unidimensionnelle. Il est probable que la volonté
de Rodríguez de ne pas se cantonner au tango exclusivement et de jouer des
musiques variées pourvu qu’elles se prêtent à la danse, a pu quelque peu le
marginaliser d’autant plus qu’il était très connu en dehors du monde du tango. Naranjo
en flor (1944), Iré (1944), Motivo sentimental (1944)
C’est un des très rares musiciens de tango argentin à
être revenu à son style originaire qui l’avait fait connaître alors qu’en règle
générale, ceux qui s’engageaient dans une voie nouvelle y persistaient,
l’exemple le plus emblématique étant Piazzolla mais on pourrait aussi citer
D’Arienzo et Pugliese.
Enrique Rodríguez accorde une place très importante à
la voix et il s’est entouré de grands chanteurs dont Armando Moreno qui s’est
le plus identifié à son orchestre. Yo no sé porque razón – 1942, Horas –
1943, Como has cambiado pebeta (1942). Sa musique tout aussi agréable à
danser qu’à écouter fait qu’elle a une place de choix encore aujourd’hui dans
l’univers du tango argentin ainsi que le montre Mariano Chicho Frumboli et
Juana Sepulveda :
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