Homero Nicolas Manzione Prestera !

 

Plus connu sous son alias, “Homero Manzi” naquit à Añatuya, dans la province de Santiago del Estero le 1er novembre 1907. Dès l’âge de 7 ans il fut envoyé, accompagné de son frère Luis à Buenos Aires, son père restant travailler à Añatuya. Ils s’installèrent tout d’abord dans le quartier de Pompeya puis au 3251 de la calle Garay dans le quartier de Boedo, où il passait autant de temps à errer dans les bars que sur les bancs de l’école. Enfant brillant et studieux, se découvre une passion pour la littérature, les lettres et aussi l’écriture. C’est seulement à 14 ans, en 1922, qu’il écrit sa première chanson, une valse : « Porque no me besas ?» (Pourquoi ne m’embrasses tu pas ?), puis son premier tango « Memorias a Taborda ». Aucun succès, mais le monde bohème des bars a tango commence à le hanter et lui permet de faire la connaissance d’autres artistes tels que Enrique Santos Discépolo. Son amour pour la langue espagnole et la poésie se sont toujours exprimés en refusant l’écriture de paroles en lunfardo (argot porteño), ce qui est une exception dans le monde tangero des années 20 et 30. Il faut certainement attendre la rencontre avec Sebastian Piana, musicien et compositeur, en 1926 pour que le duo commence à composer ensemble. Manzi n’a alors que 19 ans, et va commencer une longue série de composition les plus célèbres. En 1930, Homero Manzi demande à Piana de composer une milonga pour pouvoir ensuite au mieux y trouver des paroles. C’est un succès foudroyant, il s’agit de la « Milonga del 900 ». 



A 23 ans, il devient enfin célèbre. Le duo continuera avec d’autres succès comme  « Milonga sentimental ». Toutes les années 30, seront ponctuées de succès de Manzi. Les thèmes les plus célèbres furent ensuite enregistrés par Carlos Gardel. C’est ainsi que furent composés : "Pena Mulata", "Ropa Blanca" et la très célèbre "Negra María". En 1937, c’est "Milonga triste”, autre énorme succès. Il écrira ainsi pendant deux décades des succès retentissant comme « Malena » en 1941, ou « Sur » en 1948.



Homero Manzi est un homme complexe, si son gout pour la musique, le tango et la composition des textes qui les accompagnent n’est plus un mystère pour lui. C’est un homme qui aime aussi l’ambiance nocturne des ambiances tangeras, la vie de Bohème de Buenos Aires n’a plus non plus de secrets pour lui. Pourtant de jour, il étudie et entre en 1926 à l’âge de 19 ans à la Faculté de droit. Il y reste jusqu’en 1930 ou l’arrivée du dictateur Uriburu n’est pas de son gout, et sa militance au sein de l’UCR lui vaut son expulsion. Il termine tout de même ses études et c’est un poste de professeur de lettres et de littérature espagnole qu’on lui propose. Toujours aussi doué avec sa plume il collabore à la rédaction d’articles pour la partie spectacle dans les revues « Radiolandia » et pour le quotidien « Diario Critica » et fonde « Microfono ». Homme de musique, homme de lettre, homme de spectacle mais aussi homme de cinéma, puisqu’il est à deux fois scénariste et réalisateur de film.  “Pobre mi madre querida” en 1948 et “El último payador” en 1950. Il est aussi scénariste sur une bonne demi-douzaine d’autres films, et aussi compositeur de musique d’une autre demi-douzaine d’autres films. Le film le plus connu, est sans doute la Guerra Gaucha de 1942, qu’il réalise avec Ulises Petit de Murat.



Aujourd’hui, Homero Manzi est connu pour ses poèmes et son apport au tango grace à son travail avec le grand compositeur Sebastian Piana. On se souvient du film de la « Guerra gaucha » que tout argentin a du voir au moins une fois dans sa vie. Fresque historique romanesque où les valeurs nationalistes sont mises en avant. 



L’amour de la patrie, la lutte comme moyen de réaliser son idéal, mise en avant du courage, de l’amitié, certainement les mêmes valeurs qu’Homero Manzi a suivi lors de sa vie.

La date lointaine du premier avril
Ton balcon sombre, ton vieux jardin
Plus tard les lettres au pouls fébrile
Mentir que tu ne le fais pas, jurer que tu le fais

Romance de quartier, ton amour et mon amour
D'abord un amour, puis une douleur
Pour des défauts que nous n'avons jamais eu
Pour des défauts que nous avons tous deux dû souffrir

Aujourd'hui tu vivras
En me méprisant, peut-être sans rêver
Que je regrette de ne pouvoir t'avoir
La douleur de ne pas savoir oublier
Aujourd'hui tu seras
comme jamais Loin de moi
Loin de tant pleurer
C'était parce que c'était
Ce dépit aveuglé tu as aimé ça m'a fait
Sans penser que dans le ressentiment de l'adieu
Tu as puni avec cruauté ton cœur
C'est parce que c'est
que tout d'un coup nous ne savions plus penser
Qu'il est plus facile de renoncer et de partir
Que de vivre sans oublier

Cendres du temps, la date d'avril
Ton balcon sombre, ton vieux jardin
Les lettres dessinées d'une main fiévreuse
Mentir que non, jurer qu'elles le font
Ta voix et ma voix reviennent vaincues
Ramenant avec des tons d'horreur
Les défauts que nous n'avons jamais eu
Les défauts que nous aurions dû payer les deux

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