Un Bandonéon !

 

Les « spécialistes » peuvent se déchirer sur les origines incertaines du Tango ! Aujourd’hui encore sur la pertinence de « styles », cela dépend de leur façon d’arrêter le curseur en arrière ! Il est bien plus simple de s’accorder sur les origines du Bandonéon !

Créé en Allemagne vers 1840, c’est un instrument à vent ! Il arrive en Argentine avec les migrants Allemands, comme un « orgue portatif » pour évangéliser. On est alors entre 1865 et 1870. C’est bien plus tard qu’il deviendra l’icône du Tango avec d’incontournables figures de musiciens comme Troilo ou Piazzolla !

Quand il arrive en Argentine, le Tango est joué habituellement par un trio composé de flûte (et oui !), violon et guitare. La musique est plutôt gaie et rapide, joueuse, suivant un rythme de 2/4 (proche de la milonga). Son introduction aux orchestres de Tango, au début du 20è siècle, se heurte aux résistances des Tangueros « traditionnels » (tiens donc ?). Cela coïncide avec une modification dans la rythmique et l’articulation, car il induit une façon de jouer plus lente et liée, que facilite les caractéristiques techniques de l’instrument.

Le Tango acquiert sa sonorité actuelle à la présence du Bandonéon !

Vers 1930, l’Allemand Alfred Arnold exporte plus 25 000 bandonéons en Argentine. Les « novateurs », Julio de Caro et Pedro Laurenz, sont les premiers à introduire des « solos » de Bandonéon dans leurs compositions (et orchestres). Les plus célèbres bandonéonistes restent cependant Anibal Troilo, Léopold Fédérico et le « révolutionnaire » Astor Piazzolla qui produit une inflexion dans l’histoire du Tango et l’utilisation du Bandonéon.



Les paroles de Tango ne sont pas en reste : Des poèmes lui sont consacrés, d’autres lui font référence ! On l’a vu précédemment avec Manzi par ex. « Che Bandonéon » ou « Fueye ». Parmi les tîtres les plus célèbres, il y a bien sûr « Bandonéon arrabalero » (1928), « Son cosas del Bandonéon », « Alma de Bandonéon », « Cuando talla un Bandonéon », « mi bandonéon y yo », « Mientras gime el bandonéon », et bien entendu l’incontournable Tango instrumental « Quejas de Bandonéon » d’Anibal Troilo.

BANDONEON ARRABALERO / BANDONEON DES FAUBOURGS
« Bandoneón arrabalero, viejo fueye desinflado. Bandonéon des faubourgs, vieux soufflet dégonflé » ;  « Te encontré como a un pebete que la madre abandonó  Je t’ai trouvé comme à un môme abandonné par sa mère. »

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