Articles

« Poéma » ! Histoire d'un Tango et d'Eduardo Bianco, son créateur !

Image
  « Poéma » cristallise en moins de 4mns le caractère universel du Tango Argentin dans sa triple composante musicale, poétique, et créatrice d’un climat qui nous place instantanément dans l’univers de ce genre musical propice à l’expression d’une danse en total accord avec lui. On y retrouve l’émotion, la mélodie, une structure rythmique variée, des contrastes et une espèce de suspension musicale fluide, et jusqu’à la fin, un discours musical structuré, rigoureux, équilibré, avec un rythme intérieur puissant ! Rarement un Tango aura eu une telle expressivité avec des moyens pourtant quelque peu « réduits » et empreint d’une réserve certaine !! La plupart des DJs en exercice et en herbe ont dû remarquer que le superbe "Poema" de Canaro-Maida de 1935 ne s'intègre pas parfaitement dans les tandas. "Poema" est assez singulier dans son flux doucement mélancolique et doucement nostalgique, tandis que les autres succès de Canaro de l'époque ont tendance à êtr...

Les PAYADORES ! Une des sources du Tango ?

Image
  Le Tango et les payadores : une espèce de  « Jongleurs* » criollos nommés payadores furent parmi les premiers chanteurs de tango. Comme quelque chose de naturel, le chant fleurit sur toutes les terres de la même façon que fleurissent les peuples naviguant sur l'eau et les bédouins dans le désert. En Argentine et en Uruguay, le gaucho était un troubadour rural, même s'il entre dans la ville, mais comme un vent qui ne cesse de garder la fraîcheur et la fragrance de la campagne. « Nous, troubadours de la campagne, dans ces régions d'Amérique du Sud, nous recevons le nom de payadores et notre chant se nomme la payada. C'est une poésie orale improvisée que nous accompagnons toujours à la guitare avec une milonga campera qui n'est pas une danse et qui est antérieure et précurseur de la milonga de la ville, qui se danse ». Le payador, pendant qu'il improvise son vers, est d'une certaine façon un magicien des mots, d'humbles prodiges en transe d'inspir...

Enrique Santos Discépolo ! Poète, compositeur, acteur et dramaturge

Image
  Compositeur, dramaturge, acteur, réalisateur, scénariste, Enrique Santos Discépolo est né le 27 mars 1901 à Buenos Aires. Son père, musicien italien, meurt alors qu’il est encore très jeune. Sa mère l’élève avec son frère Armando, qui deviendra un dramaturge renommé. Il quitte l’école à 15 ans pour suivre les traces de son frère. Il commence sa carrière en écrivant plusieurs pièces de théâtre avant de se tourner vers la musique. C’est dans le domaine du tango qu’il trouve sa véritable vocation. Ses chansons aux paroles profondes et souvent empreintes de pessimisme abordent des thèmes tels que l’injustice sociale, la souffrance humaine, l’amour déçu et le désenchantement. Son style, existentialiste avant l’heure, marque un tournant dans le tango, le transformant en un genre capable d’exprimer des critiques sociales et politiques. Parmi ses textes les plus connus, nous trouvons  Yira Yira  (1929), souvent interprété comme une réaction à la crise économique de 1929,...

Pedro Laurenz ou la figure transcendantale du Tango.

Image
  Pedro Laurenz, de son vrai nom Pedro Blanco, est né à Buenos Aires en 1902. Il apprend le violon avec son père mais lorsqu’il arrive à Montevideo, à 15 ans, où sa mère décide de s’installer, il opte pour le bandonéon. Il fait ses débuts au café Au Bon Jour, dans lequel jouait Edgardo Donato et intègre l’orchestre d’Eduardo Arolas au Moulin-Rouge. Il revient à Buenos Aires en 1920 où il joue dans l’orchestre de Roberto Goyeneche (voir note 1). L’année 1925 est importante car d’une part, il est engagé par Julio De Caro pour jouer dans son sextet dont le premier bandonéoniste est Pedro Maffia et, d’autre part, avec ce dernier, il enregistre un disque de duos de bandonéons qui a marqué l’histoire de ce genre musical. Maffia qui est en désaccord avec le groupe quitte l’orchestre de De Caro ; Laurenz devient alors premier bandonéon. Il restera 10 ans dans cette formation musicale et fera donc partie de l’orchestre qui voyagera en France avec De Caro, notamment à Nice. En 1932, An...

Agustín Bardi. El compositor para el futuro del Tango

Image
  Agustin Bardi, à qui Pugliese rend un inoubliable hommage, est une exception dans le monde musical du Tango. Il a grandi dans la ville de Las Flores à Buenos Aires et a fréquenté l'école primaire seulement jusqu'en troisième année, puis il a continué à apprendre seul et grâce à sa vocation musicale, un oncle lui a appris les rudiments de la guitare. Puis ce sera le violon et le piano pour finir ! I l a huit ans quand il rejoint un orchestre « carnavalesque »,  Los Artesanos, dont il devient la mascotte, imitant à la guitare l'art inégalé des maîtres de l'époque ! Selon les auteurs de L'Histoire du Tango, il fait ses débuts comme violoniste aux côtés de  Genaro Espósito  (El Tano, bandonéon) et José Camarano (El Tuerto, guitare) : « Puis un trio très recherché qui commença à diffuser ses premières compositions. «  Vicentito  » remonte à 1912 , le premier tango qu'il a fait et qui a été écrit par Macchi, puisque Bardi n'écriv...

Homero EXPOSITO (1918-1987). Rénovateur du Tango !

Image
  Grand Poète du Tango, Exposito parle simplement de l'Amour, de la Nature et de la Nostalgie, avec douceur, sans éclat d'angoisse ni désespoir. La Nature est omniprésente dans son oeuvre. Il nous parle d'orangers en fleurs, de l'eau d'une rivière, de prairies argentines gorgées de soleil et de petits morceaux de ciel. Et même quand il évoque les faubourgs de Buenos Aires, il nous transpose dans un univers imaginaire qui évoque le souvenir d'un tendre amour à la campagne. Douceur et chaleur humaine sont les substances même de son univers poétique. Une affection qui surmonte même la séparation... Son écriture est recherchée, délicate, et s'éloigne du style "chansonnette populaire" pour s'approcher d'une littérature cultivée. Exposito, fut aussi chroniqueur de la dure réalité sociale de son époque. Son oeuvre est à la fois recherchée et populaire, entre une Nature rêvée et la réalité de la ville. Son répertoire sort des stéréotypes ...

RICARDO TANTURI, « El Caballero del Tango » (27 juin 1905 – 24 janvier 1973)

Image
  La plupart des Milonga (Bals) de Buenos Aires débutent sur une tanda de Tanturi.   De parents italiens,  Ricardo Tanturi  est né à Buenos Aires, dans le quartier de Barracas, l'un des quartiers les plus pauvres et les plus vitaux de la ville. Il étudie son premier instrument - le violon - avec Francisco Alessio, oncle du célèbre bandonéoniste et metteur en scène  Enrique Alessio  . Son frère  Antonio Tanturi  , pianiste et codirecteur de l'Orquesta Típica Tanturi-Petrone, le convainc d'abandonner le violon et de prendre des cours de piano avec lui. En 1933, il forme un sextet pour se produire dans les cinémas et les théâtres. Il l'a nommé "Los Indios" en hommage à une équipe de polo. Ce serait le nom de tous ses groupes ultérieurs. Son tango d'ouverture à toutes ses performances était ce qu'on appelle "  Los indios  " composé par  Francisco Canaro  mais aussi curieux que cela puisse paraître, il ne l'a jamais enregis...